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  Langres 1842-1905








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Séré de Rivières
Constats et choix Une nouvelle stratégie
Le camp retranché

    L'oeuvre du général Séré de Rivières


L'organisation d'un camp retranché

Avec les progrès de l'artillerie, la portée, la précision et la cadence de tir s'étant considérablement améliorées, l'élimination des angles morts aux abords de la fortification n'est plus une nécessité vitale. En effet, l'artillerie, désormais, est suffisamment efficace pour fixer à distance une troupe ennemie.
Attaque d'une place forte selon Vauban
C'est également vrai pour l'artillerie ennemie qui n'a plus besoin de s'approcher au plus près de la citadelle, après un long et difficile travail d'approche selon la méthode mis au point par Vauban, pour en détruire les principaux organes.
Désormais, des batteries peuvent être placées sur des positions favorables, de préférence en hauteurs et de les rendre plus difficiles à localiser et à neutraliser.
Non seulement les défenses de la forteresse se retrouvaient sous le feu de l'ennemi, mais également le cœur de la cité.

Le principe de la forteresse bastionnée en vigueur depuis Vauban, ne permettait plus de protéger les bâtiments, les poudrières et les matériels, mais surtout, il ne permettait plus de garantir la sécurité des défenseurs et des civils.
Il était urgent de revoir de font en comble le principe même de la défense du pays ou pour le moins de renforcer les anciennes places fortes.
Le tracé bastionné était déjà abandonné par la Prusse dès 1815 et par les Britanniques dans les années 1840. La France attendra la défaite de 1870 pour réaliser que les places fortes bastionnées étaient devenues de véritables " nids à obus " et se transformaient en piège mortel pour les armées qui s'y étaient réfugiées
Non seulement, le tracé bastionné en vigueur depuis la Renaissance était devenu obsolète, mais également, le principe de la forteresse ponctuelle isolée devant verrouiller un point stratégique n'avait plus de réalité militaire.
Bombardement de Paris par les Allemends 1871



Un fort de conception nouvau

Pour réaliser son rideau défensif, que ce soit pour interdire le passage à une armée ou pour fixer l'ennemi hors de portée des anciennes citadelles, le Général Séré de Rivières utilisera un fort de conception nouveau. Il retiendra les principes de construction préconisés par le Général de cavalerie, le marquis de Montalembert :
- Simplicité des formes, tracé tenaillé ou mieux polygonal.
- Réduction de la profondeur de la fortification et création de nombreux abris pour l'artillerie, le personnel et le matériel.
Le tracé polygonal a le double avantage d'être moins coûteux:
- Le tracé polygonal s'adapte mieux aux irrégularités du terrain
- Il nécessite moins de maçonnerie pour sa construction (à surface égale, périmètre réduit)
et nécessairement moins de personnels et d'armements pour en assurer la défense.

Mais, le tracé polygonal présentant de nombreux angles morts, la défense rapprochée de l'ouvrage s'en trouve fortement altérée.
Profils successifs de la fortifiaction permanente d'après documentation du XIXe siècle



Plan-type d'une caponnière
Si, fixer une armée ennemie à distance ne pose plus de problème, il n'en est pas de même pour une petite unité d'élite qui tenterait de s'infiltrer jusqu'aux abords de l'ouvrage.
Le rabaissement de l'escarpe retenant le rempart constitué d'une levée de terre inclinée pour ne pas couler dans le fossé, va éloigner d'autant les défenseurs du bord du fossé. Non seulement le pied de mur n'est plus protégé, mais également le fossé n'est plus visible depuis le haut du rempart.
Une troupe d'assaut peut aisément s'infiltrer jusque dans les fossés, ruiner les défenses du fort sans être vraiment inquiétée par les défenseurs et investir la place.

Pour remédier à ce problème, on remit au goût du jour la caponnière, qui permettait de battre les fossés par des feux rasants.
La caponnière devenant un point essentiel de la défense rapprochée du fort, elle fût particulièrement bien étudiée. Elle était entourée par un fossé diamant, servant de réceptacle à débris pour ne pas obstruer les ouvertures de tirs et la largeur des fossés était telle, qu'ils n'étaient que partiellement comblés en cas d'effondrement de la contre escarpe.

Les ouvrages Séré de Rivières constituent la dernière génération de forts en maçonnerie, ou le matériau de construction est de préférence régional (brique, calcaire,…). Ils se distinguent par leur monumentalité (plusieurs hectares de constructions dans un périmètre de 8 à plus de 50 hectares pour les forts à enveloppe) et la qualité de leur construction.
Ils sont entièrement cintrés d'un fossé profond qui délimite, en générale, un périmètre de 350m sur 250m.
Les infrastructures sont recouvertes d'une importante masse de terre de 2 à 6 m d'épaisseur destinée à amortir l'impact des projectiles et leurs donner une forme profilée pour limiter l'efficacité d'un tir direct (les tirs directs tapent dans la masse de terre ou passent au dessus du fort.).

Ces forts sont également de véritables petites villes militaires pouvant abriter une garnison de 600 à 2000 hommes en temps de guerre, et doivent pouvoir subvenir à leurs besoins, de manière autonome, pour une période de un à trois mois.
Ils sont composés de casernements de un à deux étages, distincts pour les hommes de troupes et les officiers, de magasins, d'entrepôts, de boulangeries et locaux d'intendances, de locaux de manutention et d'entretien, d'une infirmerie et de latrines (utilisables uniquement en temps de guerre pour ne pas obstruer les fosses).
Un fort polygonal Séré de Rivières de première génération
cliquez sur l'image pour accéder aux descritif d'un fort

Ces infrastructures sont constituées en deux grands bâtiments se faisant face, séparés par une cour de 3 à 6 m de large pour permettre l'éclairage des locaux, mais dont l'étroitesse rend son bombardement difficile.
Ces locaux sont composés d'une série de casemates pour fractionner l'édifice afin de ne pas fragiliser l'ensemble en cas de destruction partielle. Elles sont en maçonneries, voûtées en berceau pour renforcer leur résistance aux projectiles, s'épaulant les unes sur les autres, d'une largeur minimale de 6 m et d'une longueur maximale de 15 m pour raison d'éclairage.
La communication entre ces différents locaux et les différentes parties du fort se fait par l'intermédiaire de galeries couvertes, pour pouvoir circuler librement même en cas de bombardement.
Les poudrières sont excentrées de la zone vie pour raison de sécurité.

Mais ces forts présentent trois problèmes majeurs :
- Ils sont sur des hauteurs où il n'y a pas d'eau.
Pour remédier à ce problème, un système complexe de drainage et de récupération des eaux de pluie est mis en place, acheminant l'eau vers des bacs d'assainissements pour être ensuite stockée dans des citernes. Lorsque cela est possible, un puit viendra renforcer ce dispositif.
Mais ce dispositif n'était pas toujours suffisant. On raconte, qu'en 1916, lors du siège du fort de Vaux, les soldats léchaient les murs pour tenter de se désaltérer.
- Ces forts étant par leur conception à demi enterré, il y a des problèmes d'humidités.
Pour remédier à ce problème, un ingénieux dispositif de ventilation générale est mis en place, permettant la circulation d'air dans l'ensemble du fort. Malheureusement ce dispositif composé de gaines de ventilation, était en partie fermé lorsque le fort était mis en état de guerre.
Rapport sur l'état de la citadelle de Langres lors du siège de 1871 : "Le manque de circulation d'air et les bâtiments très humides interdisent la surveillance des soins et propreté, dans ces bâtiments, les casernes sont devenues infestes et malsaines. ".
- L'artillerie est à l'air libre.
Le général Séré de Rivières n'avait pas jugé nécessaire de protéger l'artillerie en la plaçant dans des casemates, à cause du surcoût alors que la conception même des forts assurait une protection suffisante.
Mais la crise de l'obus torpille lui donna rapidement tort.

Ces forts sont de puissantes batteries d'artillerie dont l'objectif n'est plus de résister à un siège, mais d'interdire, dans un ensemble fortifié global discontinu, constituant un rideau défensif, le passage à une armée ennemie. Ils sont implantés sur des hauteurs, pour avoir une vue dominante et empêcher l'ennemi d'y prendre position. Ils se couvrent les uns les autres pour empêcher l'ennemie de s'infiltrer entre les ouvrages.



Le principe du camp retranché



Evolution du camp retranché après la crise de l'obus torpille

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